"Qu'est ce qu'un sol cépier?" C'est l'une des questions centrales à laquelle s'est attaqué le programme MICOSYLVA. La réponse est complexe, tout comme son objet même, à savoir la mycorhization. En effet, la croissance du carpophore que l'on traque tous dans les sous-bois n'est qu'une des phases du cycle de l'association symbiotique champignon ectomycorhizien / arbre ; les facteurs qui contribuent au développement de la symbiose et du mycélium, à l'initiation du carpophore puis à sa croissance, varient au long de l'année. Parmi ceux-ci, il semble que les facteurs liés à la climatologie (zonale et azonale), ceux liés au peuplement (au sens larges), enfin ceux liés au sol jouent un rôle déterminants.
Deux aspects du compartiment sol peuvent être pris en compte et font l'objet des hypothèses de départ du sujet : la qualité du sol d'une part et, d'autre part, le fonctionnement hydrodynamique que l'on peut rattacher à la notion de "climat du sol".
Le programme MICOSYLVA étudie et compare 18 secteurs de référence présentant chacun des caractéristiques spécifiques et tranchées du point de vue des sols, de la gestion sylvicole et du climat. Ces secteurs sont localisés en Dordogne, en Corrèze, en Hautes-Pyrénées pour le versant français, mais aussi en Castille y Leon, en Navarre, en Catalogne et au Portugal. Résultat des études dans moins d'un an...

Les premières observations de terrain, menées en France et en Castille, nous ont permis d'approcher des types de sol très divers, dans des contextes géomorphologiques et géologiques eux-mêmes très contrastés :

- coteaux molassiques du nord-est de Tarbes, avec des BRUNISOLS oligosaturés, peu à moyennement épais, faiblement rédoxiques, de colluvions et épandages argileux du Pliocène sur molasses miocène profonde :

 

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Une girolle (toute minus!) se cache dans la photo de droite...

- piémont pyrénéen et début de la zone centrale, sur formations du Primaire, avec un ALOCRISOL épais de colluvions issues de matériaux primaires, sur calcaire (Superbe solum !).

- plateau corrézien à la frange sud-ouest du Millevache, placette sous hêtraie et épicéa : ALOCRISOL humifères peu épais de gneiss altérés

- Dordogne avec trois situations très contrastées, dont un sol issu d'une altérite granitique et un épisolum très peu épais sur paléo-NEOLUVISOL

- Castille avec un PODZOSOL à préciser, un CALCOSOL peu épais à RENDOSOL ...

Chaque placette étudiée permet d'élaborer des hypothèses de mécanismes et de processus ; des certitudes commencent à apparaître quant à l'influence du sol et de ses diverses composantes. On en reparlera !

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B. aereus                        B. edulis

(photos A. Zimmerlin)