Les photos qui suivent ont été prises en Champagne crayeuse à l'occasion de la cartographie RRP de la Marne et des Ardennes, au cours d'une session de terrain fin mai - début juin 2016. Contexte de période pluvieuse, secteurs situés au sud de Chalons en Champagne. Le repérage de ces situations pratiques de phénomènes d'érosion permet de valider d'éventuelles études de risque basées sur les modèles prédictifs habituels. Les pentes indiquées sont approximatives. Cultures : betterave.

Ci-dessous une parcelle en position de convexité, pente de l'ordre de 5%. Le ruissellement de surface est ici pratiquement perpendiculaire aux rangs de betterave. Les matériaux transportés se sont déversés par dessus un talus et ont poursuivi leur course jusque dans le village situé juste à l'aval, en suivant tout bêtement la route. La taille des jeunes plants, leur densité et le sens des semis ne permettent pas d'arrêter les ruissellements.

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Photo ci-dessous, pente inférieure à 1%, l'essentiel du ruissellement suit uniquement deux passages de roue ainsi que les virages du tracteur. Au bas de la photo, on distingue une accumulation de matières organiques broyées.

 

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Photo suivante, juste sous un sommet de butte, pente 2% à peine. Ravine de 10cm de profondeur environ.

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Détail de la ravine, on peut voir l'apparition des horizons très caillouteux dans le fond. Le fond de la ravine ne dépasse pas cet horizon caillouteux. Le sol est ici un RENDOSOL de craie, assez typique de ces positions.

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Vue du profil de sol dégagé par la ravine. Les plants sont déchaussés. Il existe une rupture de perméabilité entre les horizons LAca de surface, très finement structurés et poreux et les horizons plus profonds, caillouteux à matrice argileuse à argilo-limoneuse, compacts. Les ruissellements hypodermiques peuvent se déclencher dans ces horizons poreux de surface.

IMG_1424_redimNon loin de la photo précédente, toujours sous le sommet de butte avec une pente inférieure à 2%, deux petites nappes de charriages superposées, sans doute liées à deux épisodes pluvieux successifs. Les jeunes plants sont enfoui sous les nappes, ils ne sont pas arrachés.

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Les deux nappes se surimposent à cette structure de surface (photo suivante)

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En vue plus rapprochée, on peut observer le granoclassement des matériaux transportés.

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Alors c'est vrai qu'en matière de lutte contre l'érosion, le paysage ne semble pas proposer de solution visiblement efficace. La photo suivante montre que les rares verticalités sont assurées par quelques haies éparses et surtout par des éoliennes. Mais il est sûr également que d'un point de vue strictement administratif, le sol n'est pas nu, puisqu'une culture est installée. J'ai déjà eu cette discussion dans le 65 à propos des couverts hivernaux ; du moment que l'implantation est faite, on pense un peu rapidement que les phénomènes d'érosion sont contrôlés, tout comme les processus de lixiviation de l'azote.

_MG_1149_redimEn outre, sur la photo suivante, on peut voir que des longueurs importantes de haies sont parfois implantées, mais dans le sens de la pente ; leur efficacité dans la lutte contre l'érosion est alors plus limitée. 

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Malgré les très faibles pentes et la géomorphologie globale de ces paysages, j'ai été surpris par l'intensité des phénomènes d'érosion que j'ai pu observer durant ces quinze jours de printemps. Est-ce qu'il s'agissait d'une année particulière au regard des pluies ou de leur intensité?

 Et pour finir, un petit clin d'oeil (trop facile...).

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